MIRANA – ONG humanitaire – Parrainez un enfant de Madagascar

Retour de voyage, regards croisés

Christine et Véronique, toutes deux membres du CA de Mirana France, se sont rendues à Tananarive avant l’été pour rencontrer l’équipe du centre.

Elles nous restituent leur ressenti sur ce séjour très studieux et fructueux, avec un regard différent car Christine s’était déjà rendue sur place dans le passé, alors que c’était une découverte pour Véronique.

Christine : Rien n’a changé ou presque

Ma dernière rencontre avec l’équipe MIRANA à Tana remonte à 2017. À l’époque, l’équipe comptait six collaborateurs ; aujourd’hui, ils sont douze, dont deux qui ont pris en charge en complément de leur travail d’accompagnateur social, l’orientation des jeunes après la 3e et après le baccalauréat.

Les visites des familles m’ont permis de constater que l’environnement n’avait malheureusement pas changé. Les chemins sont toujours aussi défoncés, les déchets sont encore plus nombreux dans les eaux qui entourent Andotapenaka, et les maisons – si l’on peut les appeler ainsi – sont construites de bric et de broc. Vingt mètres carrés pour une famille de cinq personnes, parfois même six ou sept.

Malgré tout, j’ai retrouvé une équipe toujours aussi soudée face à la dure réalité du terrain. Les collaborateurs sont dévoués et à l’écoute des enfants pour les aider à trouver leur voie dans cet environnement défavorable. Ils cherchent également à proposer des solutions aux mamans afin d’améliorer leur quotidien, en développant des projets tels que la fabrication de savon, les plantations de légumes ou encore l’école des parents.

Les échanges ont été riches tout au long de ce séjour : lors des réunions de travail, des repas – toujours aussi délicieux, préparés avec le plus grand soin par nos cantinières – partagés tous ensemble à la cantine avec des intervenants extérieurs, mais aussi au cours des rencontres avec des directeurs et directrices d’école pour mettre en place de nouveaux partenariats. Ces moments ont également permis de mettre en valeur le travail de l’équipe à travers les belles réussites des enfants parrainés. L’organisation du travail continue de se structurer progressivement autour d’objectifs communs.

Après quinze jours passés à travailler ensemble, le moment est venu de se dire au revoir. Les jeunes filles du lycée Victoire nous avaient préparé une danse : c’était un moment plein de tendresse. Elles ne voulaient pas nous voir partir. L’équipe non plus, d’ailleurs. Mais ce n’est qu’un au revoir, j’en suis certaine.

Visite dans les quartiers de 2 membres du CA Mirana

Véronique : Une expérience marquante

La rencontre avec l’équipe du centre

Mon premier voyage à Madagascar avait pour objectif de rencontrer et de travailler avec l’équipe de Mirana. Nous avons été accueillies par celle-ci avec beaucoup de joie.

L’équipe est présente au quotidien auprès de 323 familles et de 587 enfants qu’elle accompagne. Elle est à l’écoute, profondément humaine, et fait preuve de beaucoup d’empathie et de bienveillance auprès de chacune des familles suivies.

Au centre MIRANA, j’ai pu constater que la cantine était très bien organisée. Les enfants y étaient toujours souriants et chaleureux. Des étudiants qui déjeunent à la cantine sont également venus spontanément à notre rencontre afin de témoigner leur gratitude envers l’association, en nous adressant de nombreux et sincères « mercis ».

La réalité du terrain

Avant mon départ, Christine, avec qui je voyageais, m’avait bien briefée sur ce qui m’attendait sur place. Malheureusement, tout ce qu’elle m’avait décrit s’est avéré être une réalité bien concrète sur le terrain. En effet, lors de nos visites, nous avons découvert ces quartiers dans lesquels travaillent nos salariés. Des habitations que l’on pourrait difficilement appeler des maisons tant certaines ressemblent davantage à nos cabanes de jardin — et encore, chez nous, elles sont généralement en bien meilleur état. Des logements dans un état parfois catastrophique, où des familles entières s’entassent à cinq, six, voire sept personnes dans moins de 20 m². Des détritus qui s’amoncellent partout dans le quartier. Des routes souvent impraticables…

Et pourtant, derrière cette grande pauvreté, j’ai découvert un peuple qui se bat chaque jour pour subvenir aux besoins les plus élémentaires de sa famille, avec l’espoir, chaque soir, d’avoir gagné suffisamment d’argent pour pouvoir nourrir les siens.

Des retrouvailles pleines d’émotion

Quelques années auparavant, j’avais moi-même parrainé une jeune fille entre 2007 et 2013. Sandra n’avait que 19 ans quand ce parrainage a pris fin car celle-ci s’était mariée et avait eu une petite fille. De cette période, j’avais conservé une photo d’elle avec sa grand-mère, tutrice des enfants, et ses deux frères. Je n’avais pas oublié de la glisser dans ma valise avant de partir. Je voulais absolument savoir ce qu’étaient devenus Sandra et sa famille…

Lors de mon séjour, une visite au domicile de Sandra a été organisée afin que je puisse rencontrer toute sa famille. Quelle satisfaction et quel soulagement de découvrir cette maman de 32 ans, qui vit avec son mari et leurs trois filles dans un petit appartement situé au troisième étage d’une maison. Étaient également présentes sa grand-mère, âgée de 84 ans, ainsi que son petit frère Avotra, âgé de 20 ans, qui vit encore avec elle. Avotra est étudiant et bénéficie lui aussi du soutien de l’association grâce à un parrainage.

Nous avons tous été profondément touchés et émus par ces retrouvailles. Cette rencontre a été un véritable moment de partage et d’émotion. Elle permet surtout de mesurer concrètement l’impact d’un parrainage et de constater qu’il peut véritablement contribuer à offrir une vie meilleure et de nouvelles perspectives à une famille.

En conclusion

Ce voyage a été une expérience très enrichissante accompagné de belles rencontres. Immergés dans ce pays en grandes difficultés, notre action prend tout son sens…

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